Asie Cambodge Apiculture 2006

Initiation d’un projet pilote Apiculture au Cambodge

Description 
Au Cambodge, l’exploitation intensive de certaines ressources naturelles (déforestation, braconnage, apiculture de cueillette) a des effets néfastes directs et indirects sur la biodiversité. Ce projet pilote de création d’une apiculture raisonnée a pour objectif de développer localement une micro-économie alternative, respectueuse de l’environnement. Il s’intègre dans un programme fondé sur un développement durable, programme de conservation et de valorisation de la biodiversité de ce pays.

Finalités
Les objectifs à moyen- long terme sont de :

· Maîtriser une ressource très faiblement exploitée et substituer une apiculture mobiliste raisonnée à l’apiculture de cueillette intensive qui aboutit à une destruction de colonies et à la raréfaction des abeilles sauvages d’espèces autochtones.

· Eduquer et sensibiliser la population concernée par le projet à l’importance de leur environnement et en particulier au problème de la déforestation massive (notamment exploitation de bois précieux), responsable de la raréfaction de nombreuses espèces sensibles. Ce projet se veut initiateur d’un cercle vertueux en impliquant les populations locales dans la protection de leur environnement : le développement de cette ressource nouvelle que constitue l’apiculture est en effet étroitement lié à la préservation des forêts.

· Permettre aux populations autochtones de produire elles même du miel (source d’énergie et de commercialisation), de la cire (confection de bougies traditionnellement utilisées dans les rituels bouddhistes) et de la propolis (antiseptique et antirouille biologique). Le développement de ce projet mènera probablement à la constitution d’une micro-économie locale dans des zones tampons ou proches d’aires protégées. Synonyme de développement durable, elle pourrait représenter une alternative à certaines pratiques actuelles, nuisibles pour l’environnement (par ex. braconnage à des fins commerciales).

Méthodologie

· Cours d’apiculture au personnel de l’Administration forestière, central et régional

· Edition d’un manuel d’apiculture

· Choix du lieu pour le projet pilote (construction d’une structure pédagogique de base)

· Fourniture de ruches et de matériel apicole

· Identification des

· Production de miel et aide économique de la population locale

· Control et entretien des ruches et des connaissances locales

Les acteurs

· Yaboumba et la SECAS (coordination)

· Muséum National d’Histoire Naturelle (apport scientifique)

· Ministère de l’agriculture, des forêts et de la pêche (partenaire officiel et crédibilité institutionnelle)

Activités réalisées

· Invitation des personnels du ministère de l’agriculture du Cambodge en France pour une première approche de l’apiculture et pour montrer un exemple concret de fonctionnement d’un rucher école.
· Récoltes de données sur l’apiculture au Cambodge
· Capture et installation de colonies sauvages au Animal Rescue Centre de Phnom Tamao
· Achat de ruches à Apis mellifera au Vietnam et installation à l’Animal Rescue Centre de Phnom Tamao
· Construction d’un abri pour les ruches
· Formation des personnels du centre par la théorie (vidéos, supports pédagogiques) et la pratique avec la fourniture de kits complets pour apiculteur
· Initiation d’un jumellage Yaboumba – Phnom Tamoa – Université Royale du Cambodge : les étudiants cambodgiens ont des cours théoriques sur l’apiculture mais n’ont jamais eu l’occasion d’avoir des cours pratiques
· Invitation du Doyen de l’Université en France et démonstration / visite dans un rucher école au Parc de Clères
· Prise en charge d’une stagiaire vétérinaire pour le suivi des ruches au Cambodge pendant 4 mois
· Entretien des ruches et indemnisation (en nature) du personnel « apicole »
· Achat de nouvelles ruches à Apis mellifera au Vietnam et installation à l’Université Royale de l’Agriculture à Phnom Penh
· Entretien des ruches et indemnisation (en nature) du personnel « apicole »
· Supervision d’un Master sur l’Apiculture

Voir le rapport de mission : 2006 novembre Cambodge

Asie Cambodge Teuk Tchou 2002

Audit de l’Animal Rescue Center de Kampot (Cambodge) : création d’une vitrine pédagogique vivante pour la conservation, élaboration d’un master plan

Yaboumba, en partenariat avec le laboratoire Pfizer santé animale, a mené du 12 au 14 novembre 2002, une étude d’un parc zoologique dans le sud du Cambodge, le National Animal Resource Center ou Teuk Cho zoo ( » zoo de la rivière « ) appartenant au député de la région, M. Nhim Vanda. Les motivations de cette entreprise ont surtout été l’originalité du concept de ce parc et le réel souci de la conservation de son propriétaire. Cette étude visait plusieurs objectifs : élaboration d’un audit du centre animalier, conception et élaboration d’une brochure du centre, conception et élaboration d’un guide zoologique du centre.

Cf Rapport d’audit : audit-zoo2002

 

Asie Cambodge Phnom Kulen 2006

Aide au projet de renforcement de population du gibbon Hylobates pileatus dans le parc National du Phnom Kulen, (Cambodge) – dans le cadre d’une thèse vétérinaire

Le site exceptionnel d’Angkor masque souvent l’importance tout aussi exceptionnelle de la richesse faunistique du pays. Phnom Kulen, abrite une forêt riche et encore très bien préservée. L’idée est d’étudier et d’évaluer cette richesse pour proposer des actions concrètes de valorisation du site et faire de ce lieu un exemple d’harmonisation entre Nature et Civilisation. De plus, malgré son statut de parc national et les efforts de l’Administration Forestière, persistent encore braconnage et déforestation. Proposer des actions concrètes pourrait aider les forces gouvernementales á préserver ce site et sensibiliser la population locale.
Cette sensibilisation passerait notamment par la proposition de nouveaux débouchés économiques : participation á la protection, à l’écotourisme…
Le projet reste de néanmoins qu’une étude, et l’étudiante n’effectue ici qu’une thèse vétérinaire sans action concrète. Son travail, en revanche pourra servir de base à d’autres projets d’études voire de projets avec des réalisations pratiques.

 

Titre de la thèse :

Mélanie Berthet. « Etude de faisabilité de la réintroduction du Gibbon à Coiffe (Hylobates pileatus) dans le parc national du Phnom Kulen, Cambodge : Premières réflexions ». Thèse vétérinaire, Ecole Nationale vétérinaire de Nantes. 2006

 

 

Asie Wanariset2003

Aide au projet Wanariset i Samboja (Bornéo) : réinsertion dans la nature d’orangs-outans nés en captivité ou arrachés à leur mère par des braconniers.

Cf article correspondant : Wanariset2003
Quel avenir pour les Orangs Outans ? Par Emmanuelle Grundmann

Asie Kalaweit 2006

Aide au programme Kalaweit (Bornéo) : réhabilitation de gibbons, fonctionnement d‘un centre de recherche et d’éducation pour la conservation. (2006)

Kalaweit représente le projet le plus anciennement soutenu par Yaboumba, interpellé autant par le destin du Gibbon que par la personnalité et le courage d’Aurélien Brulé. Il consiste en la réalisation d’un programme pour gibbons captifs à Bornéo, en vue de leur retour à la vie sauvage. En effet, les jeunes sont prisés comme animaux de compagnie mais à la maturité sexuelle (7 ans) l’animal devient agressif et est très souvent abandonné ou tué. Au moment de la capture, les parents ont eux-mêmes été tués.Contrairement à l’orang-outan, il n’existait aucun programme de réhabilitation pour le gibbon à Bornéo.
La réhabilitation ne consiste pas en une simple « réintroduction ». Elle doit avant cela mettre en oeuvre un processus d’apprentissage qui permette la réémergence de comportements « naturels » (alimentation, déplacement, vie de couple, chants). Cela prend plusieurs années. L’essentiel de la réhabilitation se réalise en volière.
Kalaweit est né officiellement en 1997 à Bornéo. Autrefois, petit projet soutenu financièrement par quelques amoureux des gibbons, Kalaweit est devenu le plus grand refuge pour gibbons au monde… Plus de 240 gibbons et siamangs orphelins sont devenus les protégés de Kalaweit à Bornéo et Sumatra !
En Septembre 1999, l’association Kalaweit obtient un protocole d’accord avec le gouvernement indonésien afin de créer le premier programme de conservation des gibbons, incluant :
1. réhabilitation des gibbons orphelins,
2. Information et Education des populations locales
3. Protection de la forêt de Bornéo.
Deux mois plus tard, Construction de la station et de la première cage d’acclimatation. En février 2000 commence la sensibilisation des villageois et des bûcherons. En avril, accueil des 3 premiers gibbons saisis avec l’aide de la police. Au mois de mai, Chanee (gibbon en malais) lance sa première émission de radio et, le mois suivant inaugure la première volière.
Un premier gibbon est relâché : Yola. L’année suivante Yola s’accouplera avec un gibbon sauvage, preuve que la réinsertion en forêt, avec une population de gibbons sauvages est possible.
La rapide extension de Kalaweit depuis 2002 a été possible grâce au soutien de la « Fondation Gibbon » (une organisation suisse privée consacrée à la protection de la vie sauvage en Indonésie). Cette organisation devait être le soutien de Kalaweit pour de nombreuses années. Jusqu’en décembre 2004, les animaux arrivaient par dizaines à Kalaweit, en provenance des refuges financés par la « Fondation Gibbon ». Cela rentrait dans le « programme national » de cette organisation pour mettre fin aux trafics d’animaux… En début d’année 2005, Le directeur exécutif de la « Fondation Gibbon », Willie Smits, informe Kalaweit des problèmes financiers de la fondation. Cette organisation ne peut plus désormais financer Kalaweit qui se voit donc amputé de son principal sponsor ! Cette même fondation arrête ainsi 70 % de ses activités, fermant de nombreux refuges…
C’est aujourd’hui l’état d’urgence à Kalaweit et ils ont (plus que jamais) besoin d’aide ! Kalaweit lance un appel à tous les amis de Kalaweit, aux medias, aux personnalités, aux organisations internationales de conservation et de défense des animaux, et à toutes les personnes sensibles au sort des gibbons ! A ce jour, 5 gibbons, à Bornéo, et 2 siamangs, à Sumatra ont retrouvé la forêt.

Si Yaboumba soutient Kalaweit financièrement, c’est par une aide pratique qu’elle essaye de lui être le plus efficace : don de puces électroniques, de matériel médical.

 

 

Cardiologie des éléphants

Cardiologie des félins sauvages

Les affections cardiaques en parcs zoologiques sont sous-diagnostiquées et restent souvent des découvertes d’autopsie. Or, les félins captifs, à forte consanguinité, peuvent être atteints de cardiopathies congénitales ou acquises. De ce constat, un programme global d’études, de diagnostic et de soins en cardiologie de la faune sauvage a vu le jour sous la direction de Norin Chaï (vétérinaire à la Ménagerie du Jardin des Plantes) et de Valérie Chetboul (Unité de Cardiologie de l’école nationale vétérinaire de Maisons-Alfort), avec la constitution du Wildlife Cardiology Group, impliquant des vétérinaires bénévoles des deux équipes.
Une sténose pulmonaire traitée chirurgicalement chez une panthère

C’est dans le cadre de ce programme qu’une panthère des neiges avait pu bénéficier avec succès en 2011 de la première correction chirurgicale d’une malformation cardiaque congénitale (sténose pulmonaire). Une première étude, initiée il y a 5 ans par le WLC Group et visant à développer une base de données sur les paramètres cardiologiques des grands félins sauvages, vient aussi de porter ses fruits sous la forme d’une publication majeure dans le Journal of Zoo and Wildlife Medicine.

Ce travail, qui représente la première étape pour améliorer le diagnostic et le traitement des cardiopathies chez les grands félins, a pu voir le jour grâce à la Fondation Un Cœur et l’Association Yaboumba réunies.

logoFondationUnCoeur1

Publications :

Norin Chai, Luc Behr, Valérie Chetboul, Jean Louis Pouchelon, Rudy Wedlarski, Emilie Tréhiou-Sechi, Vassiliki Gouni, Charlotte Misbach, Amandine M. P. Petit, Aude Bourgeois, Thierry Hazan, and Nicolas Borenstein (2010) Successful Treatment of a Congenital Pulmonic Valvular Stenosis in a Snow Leopard (Uncia uncia) by Percutaneous Balloon Valvuloplasty. Journal of Zoo and Wildlife Medicine: December 2010, Vol. 41, No. 4, pp. 735-738.

Lien vers l’article : snow leopard-stenosis
Norin Chai, Thierry Petit, Muriel Kohl, Aude Bourgeois, Vassiliki Gouni, Emilie Trehiou-Sechi, Charlotte Misbach, Amandine Petit, Cécile Damoiseaux, Audrey Garrigou, Raphaëlle Guepin, Jean Louis Pouchelon, and Valérie Chetboul (2015) PREVALENCE OF VALVULAR REGURGITATIONS IN CLINICALLY HEALTHY CAPTIVE LEOPARDS AND CHEETAHS: A PROSPECTIVE STUDY FROM THE WILDLIFE CARDIOLOGY (WLC) GROUP (2008–2013). Journal of Zoo and Wildlife Medicine: September 2015, Vol. 46, No. 3, pp. 526-533.

Lien vers l’article : JZWM2015-FELIDS

Cambodge – Teuk Tchou Zoo

Premières études Vétérinaires sur des espèces animales rares et menacées du Cambodge.


Ce projet a consisté en l’élaboration d’une action pluridisciplinaire centrée sur le soutien au Centre Animalier de Kampot (Teuk Tchou Zoo) et zoo de Prey Veigne.
La finalité est double :
– action d’information et de sensiblisation des populations locales
– développement d’élevage conservatoire d’espèces menacées

les objectifs immédiats du projet étaient de plusieurs ordres :
Des objectifs scientifiques : ce projet représente la toute première étude vétérinaire jamais effectuée sur des espèces animales rares du Cambodge.
– Collecter des données physiologiques et biologiques sur des espèces menacées dont, pour la plupart, aucune donnée n’existe à l’heure actuelle : vidéos d’endoscopies, paramètres hématologiques, parasitologiques…
– Identifier d’éventuels problèmes sanitaires dans le but de poser les bases d’un programme de prophylaxie sanitaire (conduite d’élevage, conditions de détention, quarantaine…).
– Améliorer la gestion de l’élevage et de la reproduction des espèces d’oiseaux du Parc, notamment par le sexage systématique des oiseaux n’ayant pas de sexe phénotypique.

Des objectifs zootechniques :
– Aide à l’identification et au marquage des animaux : transpondeurs, bagues…
– Inventaire précis de la collection du centre
– Aide technique à l’aménagement des enclos
– Réflexion et esquisse d’un plan général de collection
– Rédaction d’un schéma directeur pour :
j Le développement du Centre : développement touristique, orientations pédagogiques
j L’incitation à des collaborations nationales et internationales (programmes d’élevage)

Les objectifs à long terme du projet :

– Participer à la conservation de la biodiversité du Cambodge et en particulier de son patrimoine faunistique par l’élaboration de programmes d’élevage rigoureux et suivis.
– Collecter un maximum d’informations zoologiques et vétérinaires sur certaines espèces animales pour participer dans un second temps à d’éventuels programmes de réintroduction.

Cette étude, par son originalité et ses résultats inédits, donnera matière à des communications scientifiques et médiatiques nationales et internationales. Ce projet, véritable vitrine pédagogique vivante, permettra aux Cambodgiens d’appréhender la variété de leur faune, les invitant ainsi à la Conservation et à la Protection de ce patrimoine naturel mondial.

Communication scientifique significative :
CHAI, N, ROMAN, Y, PIGNON, CP, SIMON, R, RIGOULET, J, 2006. Endoscopy, a precious tool for wildlife conservation. European Association of Zoo and Wildlife Veterinarians. 6th scientific meeting. May 19-23, Budapest, Hungary.

2016-Costa Rica

Mission Costa Rica de la Fondation Un Coeur & Yaboumba

Du 13 au 24 juin 2015, la Fondation Un Cœur a mené une mission au Costa Rica en collaboration avec l’association vétérinaire Yaboumba. Une équipe formée de 11 vétérinaires est partie dans ce pays extraordinaire qui possède à lui seul 6 % de la biodiversité mondiale. Le Costa Rica représente la première nation du monde à avoir constitutionnellement supprimé son armée. Son modèle de développement donne la priorité à l’éducation, à la santé et à la protection de l’environnement. Plus de 25 % du territoire est occupé par des parcs nationaux et des réserves.

Nos vétérinaires sont allés à la rencontre de leur confrère le Dr. Mauricio Jiménez Soto de l’Ecole vétérinaire de l’Université Nationale du Costa Rica. Ensemble ils ont travaillé pour découvrir et étudier le cœur des paresseux, organisé des conférences à l’université de San José et enfin, aidé d’autres confrères locaux sur des cas cliniques difficiles.

 

Première étape : Etudes cardiologiques des Paresseux

Les paresseux sont des mammifères arboricoles d’Amérique tropicale. Ils présentent un mode de vie original : ils sont presque toujours suspendus à l’envers dans les arbres et se déplacent avec lenteur. Ils possèdent de longues griffes. Les paresseux de la famille des Bradypodidae sont aussi appelés « aïs » (nom venant de leur cri), chacun de leurs membres se terminant par trois doigts griffus, ce qui les distingue des « unaus », de la famille des Megalonychidae, qui ne présentent que deux griffes à chaque main.

Bradypus variegatus (Xenarthra, Bradypodidae) et Choloepus hoffmanni (Xenarthra, Megalonychidae) sont des espèces réparties dans la forêt tropicale humide des régions Carribéennes et Pacifiques du Costa Rica. Ces deux espèces sont menacées principalement par la déforestation, l’agriculture et l’augmentation de l’activité humaine. A cause de cette nouvelle proximité avec les humains, les paresseux sont de plus en plus détenus comme “animaux de compagnie” par les populations locales. Le Costa Rica possède de nombreux paresseux en captivité dans des zoos ou des centres de sauvegarde, essentiellement à des fins pédagogiques. Les paresseux intriguent les scientifiques de part leur physiologie si particulière, et leur comportement. Ils sont donc très étudiés, dans leur environnement et en laboratoire. Cependant, contrairement aux fourmilliers et aux tatous pour lesquels il existe une littérature médicale abondante, il n’y a que très peu de publications concernant les paresseux. Plus précisément, en ce qui concerne l’appareil cardiovasculaire, quelques rares publications ont pu être trouvées sur PubMed (Site de référencement des publications scientifiques). La plupart d’entre elles concerne l’électrocardiographie et la pression artérielle systémique mais aucune l’échocardiographie. Pourtant, l’échocardiographie est l’examen le plus communément utilisé en médecine vétérinaire pour explorer de manière non-invasive, la morphologie et le fonctionnement du système cardiovasculaire chez les animaux de compagnie ou sauvages. Le but de ce projet a donc été, en collaboration avec l’Université vétérinaire de San José, de mener une étude pilote en échocardiographie chez les paresseux.

Les animaux inclus dans cette étude provenaient de deux centres de sauvegarde : Costa Rica Animal Rescue Centre (CRARC) et Kids SavingThe Rainforest (KSTR).

Etude cardiologique des Paresseux

Etude cardiologique des Paresseux

 

Echocardiographie sur un bébé paresseux.

Etude cardiologique des Paresseux

 

Etude cardiologique des Paresseux

Etude cardiologique des Paresseux

 

2.3 – Protocole anesthésique

Le but de cette étude a été la mise en place d’un nouveau protocole de sédation permettant d’obtenir une immobilisation des paresseux avec le moins d’effet (voire aucun) sur le système cardiovasculaire. Nous avons utilisé une association d’alfaxalone, nouvel agent hypnotique stéroïdien, et de midazolam, une benzodiazepine. Ce mélange était injecté par voie intramusculaire. Plusieurs paramètres ont été étudiés :

– l’efficacité

– l’innocuité

– les effets cardiovasculaires et respiratoires

Ce protocole de sédation n’a jamais été utilisé chez le paresseux et peut être utile pour des anesthésies sur le terrain.

 

2.4 – Echocardiographie

Introduction

En raison de l’anatomie si particulière de la cage thoracique des paresseux, de leur métabolisme très bas et du fait qu’ils passent la majeure partie de leur temps suspendus aux branches, la tête en bas, nous avons pensé qu’il était important d’étudier la morphologie et le fonctionnement de leur système cardiovasculaire par échocardiographie. De plus, lors de l’utilisation d’une nouvelle technique dans une espèce donnée, sa fiabilité doit être évaluée : nous devons tester la reproductibilité et la répétabilité des mesures effectuées. Dès lors, le but de cette étude chez les paresseux fût :

-évaluer la faisabilité de l’échocardiographie par voie transthoracique,

-le report des données échocardiographiques sur un petit groupe d’animaux jeunes et adultes,

– la recherche d’une variabilité sur des échocardiographies transthoraciques répétées et reproductibles chez des individus adultes.

Les animaux

6 femelles adultes Bradypus variegatus, en bonne santé, âgées de 4 à 7,5 ans et pesant de 3,5 à 5,5kg, provenant du Costa Rica Animal Rescue Center (http://www.costaricaanimalrescuecenter.org) et 7 jeunes Choloepus hoffmanni (4 mâles et 3 femelles de 3 à 6 mois, pesant de 0,6 à 0,9 kg) provenant du centre Kids Saving The Rain Forest (kidssavingtherainforest.org).

Protocole

Tous les animaux ont bénéficié d’un examen clinique complet. Une auscultation cardiaque a été réalisée. La présence de tout souffle, bruit de galop ou de toute arythmie a été notée. La fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire et la température corporelle mesurée à l’oreille, ont été prises toutes les 5 minutes pendant toute la durée de la sédation.

Afin de pouvoir effectuer l’examen échocardiographique transthoracique et d’étudier sa faisabilité, les animaux ont été sédatés (voir protocole anesthésique, paragraphe 2.3) et doucement maintenus en position allongée sur le côté gauche ou droit par deux opérateurs.

Les échocardiographies transthoraciques ont été effectuées par le même manipulateur aguérit (VC) avec l’appareil Vivid I ultrasound (General Electric Medical System, Waukesha, Wisconsin, USA) équipé d’une sonde phased-array 7S (3,5-8.0 MHz) et en accord avec les recommandations internationales déjà publiées.

Les mesures du ventricule ont été prises par voie parasternale droite (vue petit-axe au niveau des muscles papillaires) en utilisant le mode M guidé par le mode 2D (2 dimensionnel) .10 Des mesures du diamètre du ventricule gauche ont été effectuées en fin de diastole et en fin de systole, et sur l’épaisseur de la paroi libre du ventricule gauche et du septum interventriculaire en diastole et en systole. La fraction de raccourcissement du ventricule gauche a été calculée. La fréquence cardiaque a été calculée à chaque échocardiographie à partir de la même image que celle utilisée pour les mesures en mode-M. Le point E The E point-to-septal separation ??? a été mesuré en utilisant le mode M-guidé au niveau de la valve mitrale.

Les mesures de l’aorte (Ao) et de l’oreillette gauche (LA) ont été faites à la fois en mode 2D et en mode M, en utilisant la vue parasternale droite petit axe, au niveau de la valve aortique (c’est à ce niveau que les commissures des cuspides peuvent être visualisées en diastole), ainsi qu’une vue parasternale droite 5 cavités. Le rapport diamètre de l’oreillette gauche sur diamètre de l’aorte a ensuite été calculé. La vue parasternale droite grand axe 4 cavités a été utilisée pour mesurer la hauteur des oreillettes droite et gauche.

Les vitesses d’éjection aortiques et pulmonaires maximales en systole, ainsi que les vitesses maximales en début et fin de diastole des flux mitraux et tricuspides ont été déterminées en utilisant le Doppler pulsé.

Pour l’étude de la variabilité, tous les examens ont été randomisés (les animaux étaient sélectionnés de manière aléatoire). Le même animal ne pouvait pas être utilisé lors de deux examens consécutifs. L’étude a été réalisée sur 4 demi-journées différentes sur une période d’une semaine. Chaque demi-journée, un manipulateur réalisait 3 examens échocardiographiques sur 3 animaux. 9 examens échocardiographiques étaient donc réalisés par demi-journée, ce qui représente un total de 36 mesures pour chaque variable sur   la période des 4 demi-journées. Toutes les mesures ont été réalisées un jour différent ??? et effectuées en aveugle par le manipulateur ?? All measurements were performed on a different day and the observer was blinded to the performed measurements

Résultats

Tous les examens échocardiographiques ont pu être effectués dans les deux espèces chez les jeunes et les adultes. Aucune anomalie échocardiographique n’a été observée chez les adultes. Un souffle systolique droit de grade 4/6 a été entendu chez un jeune mâle de 6 mois, sans autre anomalie à l’examen clinique. Une petite communication inter-ventriculaire (1,8 mm) avec un shunt gauche-droite a été décelée à l’échocardiographie. En ce qui concerne l’étude de variabilité, la discussion est en cours.

 

 

II – Conférences à l’Ecole de médecine vétérinaire, Université Nationale du Costa Rica. Ces conférences ont été organisées par le Dr. Mauricio Jiménez Soto.

Programme :

15 Juin :

13:00 – 15:00: Actualités sur la maladie cardiaque la plus courante chez le chien (Maladie Valvulaire Dégénérative). (Valérie Chetboul)

15:00 – 16:00: Cardiomyopathie Hypertrophique chez le chat. (Vassiliki Gouni)

16:00 – 17:00: Démonstration d’échocardiographie.

16 Juin :

10:00 – 11:00: Médecine et chirurgie des Amphibiens. (Norin Chai)

11:00 – 12:00: Médecine des Reptiles. (Norin Chai)

12:00: Pause

13:00 – 14:00: Médecine des Primates. (Norin Chai, Dylan Duby)

14:00 – 15:00: Contention et anesthésie des animaux de zoo et de faune sauvage. (Norin Chai)

15:00 – 15:30: Présentation de missions de recherche internationales en faune sauvage. (Norin Chai, Laurie Virolle)

15:30: Pause

16:00 – 17:00: Chirurgie des Oiseaux. (Norin Chai)

17:00 – 18:00: Standardisation de l’échocardiographie chez les Ophidiens. (Valérie Chetboul)

 

Conférences à l’Ecole de Médecine Vétérinaire, Université Nationale du Costa Rica (San José)

Conférences à l’Ecole de Médecine Vétérinaire, Université Nationale du Costa Rica (San José)

III- Cas cliniques

3.1 – Chirurgie du bec chez un Ara

Un jeune ara macao (Ara macao) nous a été présenté au centre de sauvegarde Kids Saving the Rain Forest avec une déviation du bec et un prognathisme vraisemblablement d’origine traumatique. Une chirurgie correctrice a été entreprise en utilisant l’association d’une prothèse en polyméthacrylate pour avancer le maxillaire et une broche transfrontale (transinusale ) pour corriger la déviation du bec.

Chirurgie du bec chez un Ara

Chirurgie du bec chez un Ara par le Dr. Minh Huynh

 

3.2 – Infection fongique dans une collection d’amphibiens

Plusieurs individus captifs de rainettes à yeux rouges (Agalychnis callidryas) ont été présentés au centre de sauvegarde de la faune sauvage du parc La Paz Waterfalls Garden. Les grenouilles sont souvent retrouvées mortes. L’examen clinique ante mortem a révélé des symptômes non spécifiques tels que de la léthargie, des difficultés à se déplacer et un amaigrissement. Des lesions cutanées ulcératives étaient souvent présentes. Nous avons fait un examen clinique de l’une d’entre elles. L’animal était en bon état général mais présentait des papules ulcératives sur la commissure des lèvres. A partir des écouvillonnages et des frottis des lesions cutanées, nous avons pu observer des éléments fongiques à l’aide d’un microscope optique, nous permettant alors de poser le diagnostic d’une affection fongique. Les bases du traitement ont été envisagées en collaboration avec le vétérinaire en charge du centre de sauvegarde de la faune sauvage de La Paz Waterfall Gardens.

Infection fongique dans une collection d’amphibiens

Infection fongique dans une collection d’amphibiens